Richard Saja redonne une nouvelle jeunesse à la toile de Jouy en l’ornant d’amusant personnages

Artiste textile accompli, Richard Saja est également le fondateur de l’agence de design “Historically Inaccurate Decorative Arts” située à New York. Son originalité vient de sa capacité à donner une nouvelle jeunesse à la toile de Jouy en la brodant de fils colorés et surtout, en lui ajoutant une sacré dose d’humour.

Certainement car cette personne farfelue possède un vif intérêt pour les créatures poilues en tous genres, (je vous invite à jeter un œil à sa page Facebook en cas de doute), sa broderie intervient dans la toile de Jouy – qui dépeint une scène pastorale banale – pour lui donner une interprétation à la fois fraiche et humoristique. Alors, lorsque l’on regarde ses œuvres, il est tout à fait courant de tomber sur des clowns, des loups, des monstres, des bourgeois ou encore sur des Dieux grecs, en train de partager un moment surréaliste.

whole

Behold: Electricity!

full

Down in the Orchard

dionysos

Dionysos in candyland

Je crois que ce sont les broderies que je préfère:

boy-on-a-horse              D1

Boy on a horse                                                 The Darwins

fur-man-blue

Fur Man Blue

Doté d’une imagination débordante, l’artiste peu conventionnel a répondu à plusieurs commandes et son talent a également été reconnu dans l’industrie de la mode. Il a, entre autres, collaboré avec la marque de chaussures Keds, le couturier Christian Lacroix et la maison de mode britannique, Mother of Pearl. A cette occasion, Eloise Moran, rédactrice pour le blog Opening Ceremony, a décrit le travail de Richard Saja comme « “the perfect collection for any modern-day princess”, (la collection parfaite de la princesse contemporaine),  ce qui est joli compliment me semble t-il…

Richard-Saja-e1357155993349     iiiinspired _ richard saja _ keds 2

Miniatures pour Keds et Opening Ceremony. (Voir plus).

whole-piece

« This is the first of a 23 piece collaboration with Christian Lacroix’s home line. It’s a cushion. The scene depicts tourists strolling through a Roman ruin in Arles, the place of CL’s birth. The bird-god at the top of the obelisk glows in the dark. » (C’est la première qu’une collaboration de 23 éléments avec Christian Lacroix. C’est un coussin. La scène représente des touristes qui déambulent dans les ruines romaines à Arles, le lieux de naissance de Christian Lacroix. L’oiseau-dieu qui se trouve en haut de l’obélisque brille dans la nuit).

mother-pearl16 mother-pearl22

Mother of Pearl Collection Automne Hiver 2014, collaboration avec Richard Saja. (Voir plus).

 A plusieurs occasions, les délicates broderies de Richard Saja ont été publiées dans les magazines Elle (UK) et Vogue (Italie), sur le site du Telegraph, mais aussi dans les musées et galeries de Londres, Paris, Berlin, Boston, Philadelphie, Corée du Sud…

 

INTERVIEW :

Depuis combien de temps est-ce que tu brodes?

Cela fait 15 ans que je brode maintenant. Rétrospectivement, c’est intéressant de voir comment ma technique a évolué. C’est devenu un travail beaucoup plus intensif, j’ai même créé un point de couture par habitude.

 Existe t-il une tradition familiale qui t’a amené à travailler dans le monde artistique ou dans la mode ?

Oui, en effet. J’ai vécu avec la cousine germaine de mon grand-père, The Lady, pendant 17 ans jusqu’à ce qu’elle décède il y a 2 ans. Juste après avoir terminé le lycée, elle est venue travailler pour Schiaparelli ici à New York et elle a ensuite travaillé en tant qu’Assistante Designer pour les 60 années suivantes, jusqu’à ses 80 ans. Un designer lui remettait un croquis et elle revenait quelques jours plus tard avec le vêtement terminé. Elle supervisait les croquis, la coupe, le drapé et les ateliers de couture.

Et qu’as-tu fait de tes céramiques ?

J’en ai gardé quelques unes, mes préférées, et je pense que je me remettrai aux céramiques un jour, juste pour voir si je peux en faire quelque chose après les avoir laissé de côté pendant tellement de temps.

Peux-tu décrire ton travail en trois mots?

Drôle, sexy, dérangeant. 

Je ne peux pas m’en empêcher, je suis désolée mais il faut que je te demande: d’où te vient cet amour pour les créatures poilues ?

D’un enfance bercée dans la culture junk, sans doute : Les garçons perdus de Peter Pan, du lapin en pyjama de Goodnight Moon (livre pour enfants).

 As-tu peur de te lasser d’utiliser la toile de Jouy comme principal matériau ?

Pas du tout. J’aime travailler avec certains paramètres et le challenge que représente la toile : comment garder cette fraicheur et en faire ressortir quelque chose de nouveau à chaque fois. La broderie est une possibilité pour exploiter la toile mais j’aime aussi beaucoup faire des collages avec des papiers imprimés pour arriver à un résultat complètement différent. Si jamais je me fatigue de la toile, je changerai de matériau.

Est-ce que tu brodes en ayant à l’esprit ce que tu veux faire ou est-ce que tu inventes des éléments sur le moment ?

J’aime beaucoup travailler de manière spontanée. Il se peut que je commence de broder en ayant en tête une idée générale ou un thème selon s’il s’agit d’une commande, etc, mais la plupart du temps je travaille sur le moment.

Quelle partie du processus créatif préfères-tu ?

Je trouve qu’il y a quelque chose de génial qui se passe lorsqu’on travaille, qui doit s’apparenter à la méditation. Je me perds et je ressens juste une vibration intérieure. Le temps passe tellement vite lorsque cela se produit.

 Quel est le plus beau compliment qu’on t’ait fait sur ton travail ?

J’aime beaucoup lorsque j’entends que quelqu’un à trouvé mon travail inspirant d’une manière ou d’une autre. Je ne pense pas que quelqu’un puisse s’imprégner du travail d’un autre, ça marche ou ça ne marche pas.

De quoi as-tu peur dans la vie?

J’essaie de ne pas avoir peur du tout, cela me facilite la vie, mais la destruction de la planète causée par l’avidité et la corruption galopante a le don de m’énerver parfois.

Je crois qu’Historically Inaccurate a commencé il y a 10 ans, pensais-tu un jour pouvoir participer à la London Fashion Week ? Comment imagines-tu ton travail évoluer ces 10 prochaines années ?

J’aime le fait que je fais absolument rien pour communiquer sur ce que je fais et que les gens viennent me contacter et me proposent des collaborations comme celle de Mother and Pearl par exemple. D’habitude j’essaie de rester en dehors du monde de la mode à cause de la valeur perçue du travail mais il y a quelques projets que je ne pouvais pas refuser. La semaine de la mode à Londres était dingue… un show de monstres élégants ! L’avenir de mon travail consiste à agrandir littéralement mon travail. J’ai récemment terminé une tapisserie de 2 mètres sur 3 pour la boutique Anya Hindmarch qui se trouve sur Madison Avenue, à New York. Je me suis rendu compte que j’adorais travailler à grande échelle comme ça. En ce moment, je suis en train de préparer une énorme tapisserie murale dans laquelle il y aura à la fois de la broderie et des collages. C’est très excitant.

 

Pour suivre l’actualité de Richard Saja, rdv sur son très inspirant blog “Historically Inaccurate”.

Merci beaucoup Richard, j’adore des petites créatures brodées !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :